Le travail au noir consiste en une activité professionnelle non déclarée auprès des services de l'État. Dans les faits, le travail dissimulé est passible de sanctions civiles, pénales et administratives.
Si la pratique n'est pas née d'hier, en temps de crise, il est encore plus tentant pour des personnes en difficulté ou sans emploi, de travailler pour se faire un peu d'argent, sur un air de "ni vu, ni connu". Mais attention, travailler au noir est loin d'être un acte anodin ! Que cette activité soit exercée de façon volontaire ou à l'insu d'une personne par un employeur indélicat, le travail au noir, lorsque sa pratique est découverte, est sévèrement puni par la loi et peut avoir de graves conséquences pour l'employeur et l'employé. Récemment, des contrôles menés conjointement par les services de l'URSSAF et de l'Inspection du travail avaient donné lieu à trois interpellations.
Travail au noir, fléau national
En outre, toute personne qui travaille illégalement ne bénéficie d'aucune couverture sociale, donc ne cotise pas pour sa retraite, n'a aucun recours en cas de non-paiement de salaire, n'a pas droit aux allocations de chômage, ni de garantie en cas d'accident du travail.
C'est ce qui fait en partie l'actualité du mois de février, cinq employées d'un salon de coiffure parisien sont en grève parce qu'elles ne sont plus payées depuis deux mois. En signe de protestation, ces professionnelles ont décidé d'occuper les locaux de l'entreprise. Certaines embauchées depuis plus de quatre ans ne sont pas déclarées parce que sans papiers.
Ces salariées d'origine chinoise et en France depuis plusieurs années ont donc décidé de se mettre en grève pour obliger leur patron à leur verser ce qu'il leur doit. Depuis maintenant plus d'une semaine, elles sont présentes tous les jours dans le salon, mais ne travaillent pas. Comme leur employeur ne veut toujours pas entendre leur demande, ces professionnelles ont décidé, avec le soutien de la CGT de dénoncer publiquement le travail au noir et leurs conditions de surexploitation. En même temps que le versement de leur salaire, les coiffeuses exigent de leur employeur de remplir les documents nécessaires afin d'obliger la préfecture de police de Paris à les régulariser.
Travail au noir, ce que dit la loi
En France on estime que le travail au noir correspond à 4 % du PIB (produit intérieur brut), soit 60 milliards d'euros par an. Le manque à gagner pour la Sécurité sociale (cotisations sociales) se situerait entre 6 et 12 milliards d'euros.
Le travail dissimulé : entraînant des sanctions de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende (5 ans et 75 000 euros d'amende, pour un mineur) pour la personne physique, et 225 000 euros d'amende pour la personne morale (l'entreprise).
Le prêt et la fourniture de main-d'oeuvre à titre lucratif : passible de 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende pour la personne physique et 150 000 euros d'amende pour la personne morale.
Le marchandage : pour lequel il est encouru 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende pour la personne physique et 150 000 euros d'amende pour la personne morale.
La fraude aux revenus de remplacement : sanctions pénales de 4 000 euros d'amende et 3 000 euros d'amende administrative, avec éventuellement restitution des sommes indûment payées.
L'emploi irrégulier de travailleurs étrangers et le trafic de main-d'oeuvre étrangère : 5 ans d'emprisonnement, 15 000 euros d'amende par étranger employé et 75 000 euros pour la personne morale.
Des peines complémentaires peuvent venir s'ajouter telles que : l'interdiction d'exercer l'activité incriminée, la publication, l'affichage ou la diffusion du jugement prononcé, l'exclusion de participation aux offres de marché public, la confiscation du matériel et éventuellement la dissolution de l'entreprise, l'interdiction des droits civiques, civils et familiaux...
L'employé, quant à lui, peut se voir supprimer ses allocations familiales et son droit aux Assedic, les caisses d'assurance maladie ou d'allocations familiales peuvent réclamer les prestations versées à tort, notamment sous condition de ressources, lorsqu'elles sont informées des infractions de travail dissimulé.
Une personne qui est prise à travailler au noir, alors qu'elle perçoit des allocations Assedic, peut être sommée de rembourser les allocations perçues et s'expose en plus à la radiation pure et simple, car cette activité clandestine n'aura pas pu être prise en compte dans le calcul de ses droits !
Bin entendu, les salariés qui travaillent au noir à leur insu ne peuvent pas être poursuivis.
En matière de travail au noir et dans tous les cas de rupture du contrat de travail, l'indemnité due est fixée à six mois de salaire (au lieu d'un mois jusqu'alors). Cette mesure s'applique aussi aux salariés en situation irrégulière employés illégalement par l'entreprise. L'indemnité sera aux frais de l'employeur et elle sera due même en cas de retour dans le pays d'origine. Il appartiendra cependant aux salariés d'effectuer les démarches nécessaires auprès des organismes sociaux pour être réintégrés dans leurs droits en matière d'assurance maladie, chômage, retraite, etc.
En conclusion
Depuis 2010, de nouvelles sanctions sont prévues : les préfets peuvent désormais engager une procédure administrative de fermeture contre les entreprises qui emploient de manière répétée et importante des travailleurs illégaux. Ceux qui sont complices de ces infractions, les donneurs d'ordre qui n'agréent pas leurs sous-traitants pourront désormais encourir des sanctions pénales et ne pourront plus participer aux appels d'offre.
FAQ - Le ras-le-bol du travail au noir dans la coiffure (2026)
Pourquoi le travail au noir est-il un fléau pour les métiers de la coiffure en 2026 ?
Le travail au noir détruit le secteur de la coiffure et de l’esthétique en 2026, car il :
- Prive les salariés de droits sociaux (retraite, chômage, couverture maladie).
- Expose les employeurs à des sanctions lourdes (amendes jusqu’à 225 000 €, fermeture administrative).
- Fausse la concurrence pour les professionnels déclarés.
- Met en danger les clients (risques sanitaires, absence de garanties).
Hygiène Plus accompagne les salons pour se mettre en conformité et éviter les contrôles grâce à des audits et des formations Certibiocide.
Quels sont les risques pour un salarié qui travaille au noir dans un salon de beauté ?
Un salarié au noir perd tous ses droits :
- Pas de couverture sociale : Pas de retraite, pas de chômage, pas de remboursement maladie.
- Pas de recours en cas d’accident : Pas d’indemnisation pour les blessures ou maladies professionnelles.
- Remboursement des allocations : Si le salarié touche le chômage ou le RSA, il doit tout rembourser (avec pénalités).
- Radiation des droits : Perte des allocations familiales et de l’accès à la Sécurité sociale.
- Pas de protection en cas de licenciement : Pas d’indemnités, pas de recours aux Prud’hommes.
Conseil : Un salarié peut porter plainte pour régularisation et obtenir des dommages et intérêts (jusqu’à 6 mois de salaire).
Comment l’Inspection du travail et l’URSSAF détectent-elles le travail au noir en 2026 ?
Les contrôles sont de plus en plus ciblés :
- Contrôles inopinés : Visites surprises dans les salons (surtout ceux avec des horaires atypiques ou des tarifs trop bas).
- Signalements : Par des salariés mécontents, des concurrents, ou des clients (ex. : avis sur Google mentionnant des pratiques douteuses).
- Croissement de données : URSSAF et Impôts repèrent les écarts entre chiffre d’affaires déclaré et train de vie.
- Enquêtes après accident : Si un salarié se blesse, l’Inspection vérifie sa déclaration.
- Vérification des affichages obligatoires : Absence de registre du personnel ou d’assurance responsabilité civile.
Quelles sont les obligations légales pour un salon de coiffure en 2026 ?
Les obligations sont strictes et vérifiables :
- Déclaration de tous les salariés : Contrats de travail, bulletins de paie, et déclarations URSSAF.
- Affichages obligatoires :
- Numéro SIRET, assurance responsabilité civile, tarifs des prestations.
- Consignes de sécurité (incendie, hygiène).
- Registre du personnel accessible et à jour.
- Respect des normes d’hygiène :
- Désinfection des outils (Certibiocide obligatoire).
- Linge propre (serviettes, peignoirs).
- Formation des salariés : Certibiocide et secourisme.
- Accessibilité PMR : Respect des normes ERP (Établissement Recevant du Public).
Quels sont les signes qui doivent alerter un client sur un salon pratiquant le travail au noir ?
n client doit se méfier si :
- Pas d’affichage des tarifs ou des diplômes (ex. : Certibiocide).
- Horaires flous : Salon ouvert tard le soir ou sans rendez-vous officiel.
- Paiement en liquide uniquement (pas de terminal CB).
- Pas de reçu ou de facture.
- Manque d’hygiène visible : Outils sales, linge réutilisé, pas de désinfection devant le client.
- Équipe qui change souvent : Salariés non présentés, turnover élevé.
Conseil : Un client peut signaler un salon à l’URSSAF ou à l’Inspection du travail via un formulaire en ligne.
Comment un salon peut-il se régulariser après avoir employé des salariés au noir ?
Pour une régularisation réussie :
- Déclarez les salariés :
- Contrats de travail rétroactifs (avec l’aide d’un expert-comptable).
- Réglez les cotisations sociales :
- URSSAF : Paiement des arriérés (échelonnement possible).
- Formez vos équipes :
- Certibiocide et secourisme pour tous les salariés.
- Mettez à jour vos affichages :
- Assurance, tarifs, et consignes de sécurité.
- Demandez un accompagnement :
- Un avocat spécialisé pour négocier avec l’URSSAF.
Quels sont les avantages pour un salon de coiffure à se mettre en conformité ?
La conformité apporte des bénéfices majeurs :
- Sécurité juridique : Pas de fermeture ou d’amendes.
- Accès aux aides : Subventions (ex. : PRÉCISÉO pour l’achat de matériel ergonomique).
- Crédibilité : Label "APPROUVÉ Hygiène Plus" pour attirer une clientèle exigeante.
- Fidélisation des salariés : Contrats stables, formations et avantages sociaux.
- Meilleure réputation : Avis positifs sur Google/Yelp et recommandations.
Comment dénoncer un concurrent qui pratique le travail au noir ?
Pour signaler un concurrent :
- Réunissez des preuves :
- Photos (absence d’affichages, outils sales).
- Témoignages (clients, anciens salariés).
- Avis en ligne mentionnant des pratiques douteuses.
- Contactez les autorités :
- URSSAF : Signalement en ligne.
- Inspection du travail : Formulaire de plainte.
- DGCCRF : Pour les pratiques commerciales trompeuses.
- Restez anonyme :
- Utilisez la plateforme Signal Conso pour les dénonciations sécurisées.