Les professionnels de la coiffure, de l’esthétique et de l’onglerie comme les prothésistes ongulaires peuvent parfois se heurter à un refus de vente de la part de leur grossiste lors de l’achat de produits biocides (désinfectants en lingettes ou en sprays…). Ce blocage n’est pas arbitraire : il répond à des obligations légales strictes pour les distributeurs comme pour les utilisateurs finaux. En effet, la réglementation européenne (BPR) et française avec la mise en oeuvre du Certibiocide impose que toute la chaîne de distribution des produits biocides soit tracée et que seuls les professionnels certifiés puissent les acquérir et les utiliser. Cet article explique les raisons de ce blocage, les obligations pour les grossistes et les salons, et les solutions pour se mettre en conformité.
Cadre réglementaire : Pourquoi ce blocage ?
En France avec la mise en application du Certibiocide depuis le 1er janvier 2026, le Ministère de la Transition Écologique encadre l’usage et toute la chaîne de distribution des biocides à usage professionnel.
Cette réglementation impose aux distributeurs, aux grossistes et aux franchiseurs de vérifier que son client, l’acheteur, est titulaire du Certibiocide. Pour tracer cette chaîne de distribution des biocides, désinfectants pour le matériel des coiffeurs, des barbiers, des esthéticiennes ou des prothésistes ongulaires, le distributeur doit relier chaque vente à un numéro de Certibiocide.
En l’absence du Certibiocide, le distributeur est dans l’incapacité d’acquérir des biocides et il est dans l’illégalité de les vendre à des coiffeurs, des barbiers, des esthéticiennes ou des manucures par exemple.
Pour les professionnels de la beauté, il est obligatoire d’être titulaire du Certibiocide pour acquérir des biocides dans le cadre de son activité. La règlementation impose au moins une personne titulaire du Certibiocide par salon de coiffure, barbershop, institut ou bar à ongles. Le Certificat doit être présenté lors de l’acquisition de désinfectants pour le matériel chez son grossiste. En cas de contrôle, le grossiste doit justifier ses ventes et le professionnels, de son Certibiocide.
De plus, en France, les professionnels de la beauté sont soumis à une obligation de sécurité des clients avec l’utilisation de désinfectants à usage professionnel (TP2) pour répondre à l’article 118 Règlement Sanitaire Départemental (RSD), qui stipule que « Les objets employés par les coiffeurs, manucures, pédicures et esthéticiennes sont entretenus de manière à n’être en aucun cas une cause de transmission d’affections contagieuses et l’opérateur doit, pour chaque client, désinfecter ses instruments. ».
Grossiste : un maillon clé de la chaîne de distribution
Les grossistes en coiffure et esthétique ont un rôle actif dans le respect de la réglementation. Leurs obligations sont les suivantes :
Vérification systématique du Certibiocide avant toute vente de produit biocide, le grossiste doit exiger et vérifier que l’acheteur (salon, institut…) est titulaire du Certibiocide. Également lors de la vente de biocides sur le site internet. Cette vérification peut se faire par présentation du certificat (physique ou numérique) ou par consultation de sa base de données (si le grossiste utilise un système de traçabilité numérique) ou sur le site du Ministère de la Transition Écologique.
Avec l’obligation de traçabilité, le grossiste doit enregistrer chaque vente de produit biocide en notant le nom du produit (référence) et ses quantités, le nom et le numéro de certificat de l’acheteur et la date de la vente. Mentions qui peuvent être inscrites sur la facture pour une meilleure traçabilité. Toutes ces informations doivent être présentées et justifiées en cas de contrôle.
Le refus de vente du grossiste en cas de non-conformité se présente si l’acheteur ne peut pas fournir son Certibiocide, le grossiste a l’obligation légale de refuser la vente. Ce refus protège à la fois le grossiste et le professionnel : le premier évite une sanction pour non-respect de la traçabilité, le second évite une utilisation non conforme des produits.
Obligations pour les professionnels : Pourquoi le Certibiocide est indispensable
Pour les salons de coiffure, instituts de beauté et autres professionnels utilisant des produits biocides, le Certibiocide est une obligation légale. Cela implique l’obligation d’être certifié pour tout professionnel manipulant des produits biocides (désinfectants, stérilisants…) doit suivre une formation Certibiocide et obtenir un certificat valable 5 ans. Cette formation couvre les risques liés aux produits biocides (santé, environnement), les bonnes pratiques d’utilisation et les mesures de sécurité à appliquer.
La présentation du certificat est obligatoire lors de l’achat auprès d’un grossiste, le professionnel doit présenter son Certibiocide (physique ou numérique), certains grossistes proposent un système de pré-enregistrement : le professionnel peut enregistrer son certificat une fois pour toutes dans leur base de données, ce qui facilite les achats ultérieurs.
Le professionnel doit conserver une copie de son Certibiocide et la tenir à disposition en cas de contrôle, l’employeur peut également former son équipe dans le cadre de Mon Passeport Prévention.
À noter : Le Certibiocide est valable pour tous les métiers concernés et la beauté en fait partie : coiffure, esthétique, onglerie, barbier…. Dans une même entreprise, une seule personne formée suffit pour couvrir l’ensemble des activités du salon. Dans le cas de plusieurs activités dans un salon de coiffure par exemple, chaque activité comme la prothésiste ongulaire doit également être titulaire du Certibiocide.
Les bonnes pratiques pour un développement fluide
Pour éviter les blocages et faciliter les achats de sprays ou de lingettes, voici quelques bonnes pratiques à adopter. L’implication de tous les acteurs d’un secteur d’activité est nécessaire (fédérations, groupements, presse pro, grossistes, fabricants de matériel, marques de produits, etc.).
Pour les grossistes, il important de communiquer clairement sur les obligations légales (ex : mention sur le site web ou les catalogues : « Vente de produits biocides réservée aux professionnels certifiés Certibiocide »), sur les réseaux sociaux, les lettres d’information enfin, sur tous les supports de communication possibles. Ensuite, guider les clients vers un partenaire comme Hygiène Plus, habilité par le Ministère de la Transition Écologique pour dispenser la formation Certibiocide-Désinfectants.
Pour les professionnels, il est important d’anticiper la certification et de ne pas attendre d’être bloqué pour suivre la formation, ni de se glorifier dans la désobéissance ou encore d’un résistance/opposition à la loi avec des produits ménagers du type Sanytol. Pour les coiffeurs, les barbiers, les esthéticiennes et les prothésistes ongulaires responsables, au moins une personne doit être formée et le Certificat doit être précieusement conservé ou même, affiché pour informer les clients. Privilégier les grossistes sérieux qui demandent le Certibiocide ou qui refusent de vendre des sprays ou des lingettes désinfectants.
Hygiène Plus vous accompagne dans cette démarche avec des formations Certibiocide accessibles et des conseils personnalisés pour votre salon ou votre activité de grossiste.
Pour en savoir plus ou vous former, rendez-vous sur notre page dédiée.