De nombreux professionnels de la coiffure, de l’esthétique et de l’onglerie avec les prothésistes ongulaires (PO) cherchent des alternatives aux désinfectants professionnels. Les recherches en ligne sont révélatrices : « Sanytol pour désinfecter le matériel de coiffure, est-ce efficace ? », « Comment remplacer le Spray désinfectant Hygiène Plus par du Sanytol ? », « L’alcool à 70 suffit-il pour les outils de manucure ? », « Lingettes Sanytol autorisées lors d’un contrôle hygiène ? ». Le Sanytol est un sûrement un excellent produit pour un usage ménager, sous son étiquette « désinfectant », il est et restera en vente libre.
Ces questions traduisent une réalité : une confusion fréquente entre propreté et désinfection professionnelle (hygiène au sens sanitaire) et une tentation de recourir à des produits grand public qui sous une étiquettes « désinfectant » sont perçus comme moins chers ou plus accessibles, en vente libre. Pourtant, ces pratiques relèvent souvent de fausses bonnes idées, qui exposent le professionnel à une non-conformité réglementaire et à une efficacité désinfectante non garantie.
Cet article apporte des réponses claires pour distinguer ce qui est adapté de ce qui ne l’est pas, et rappelle le cadre réglementaire entourant l’utilisation des produits biocides en salon.
Propreté et désinfection professionnelle : deux notions distinctes
La première source de confusion vient de la confusion entre propreté visuelle et désinfection (hygiène au sens sanitaire). Or, ces deux notions sont fondamentalement différentes :
- La propreté : C’est le résultat d’une action mécanique (nettoyage avec un détergent, eau savonneuse, essuyage). Elle consiste à éliminer les saletés visibles (résidus de cheveux, poussière, sébum). Un objet peut être propre sans être désinfecté.
- La désinfection professionnelle (hygiène sanitaire) : C’est une action chimique avec un produit biocide qui vise à éliminer ou inactiver les micro-organismes (bactéries, virus, champignons) présents sur une surface ou un matériel. Elle intervient après le nettoyage et nécessite un produit adapté et un temps de contact précis.
Les produits grand public (Sanytol, lingettes ménagères, alcool à brûler) sont conçus pour un usage domestique, sur des surfaces domestiques, avec des protocoles d’utilisation et des niveaux d’exigence différents de ceux d’un salon de coiffure, d’un barbershop, d’un institut de beauté ou d’un bar à ongles avec la prothésie ongulaire.
Sanytol et produits grand public : pourquoi ils ne conviennent pas
Une classification réglementaire inadaptée
Les produits comme Sanytol, les lingettes ménagères ou les sprays « désinfectants » de supermarché sont des produits ménagers destinés au grand public. Leur utilisation dans un cadre professionnel (salon de coiffure, institut de beauté, bar à ongles) soulève plusieurs problèmes :
- Ils ne sont pas conçus pour une désinfection de matériel professionnel soumis à des risques de contamination spécifiques (contact cutané répété, liquides biologiques, pathogènes) comme en salon de coiffure, chez les barbiers, en instituts. ou en bar à ongles.
- Leurs temps de contact et leurs modalités d’application sont pensés pour un usage domestique, non pour un flux de clients.
- Ils ne répondent pas aux exigences du Règlement Sanitaire Départemental (Article 118), qui impose une désinfection adaptée pour les objets employés par les coiffeurs, manucures et esthéticiennes : « Les objets employés par les coiffeurs, manucures, pédicures et esthéticiennes sont entretenus de manière à n’être en aucun cas une cause de transmission d’affections contagieuses et l’opérateur doit, pour chaque client, désinfecter ses instruments. »(…)
Une efficacité désinfectante non garantie en milieu professionnel
L’efficacité d’un désinfectant dépend de plusieurs facteurs : la nature des micro-organismes ciblés, le type de surface, le temps de contact et la concentration du produit. Les produits grand public présentent des limites importantes face aux exigences sanitaires du matériel des coiffeurs, des barbiers, des esthéticiennes, des manucures et des prothésistes ongulaires (PO) :
- Spectre d’action souvent réduit : Ils ne couvrent pas forcément l’ensemble des pathogènes rencontrés en salon (mycoses, champignons spécifiques de l’onglerie, bactéries de la peau, virus de l’hépatite C).
- Temps de contact non adapté : En salon, le rythme de passage d’un client à l’autre impose une désinfection rapide et fiable. Les produits grand public nécessitent souvent un temps de pose long (parfois 15 minutes ou plus) pour atteindre leur efficacité maximale, ce qui est incompatible avec l’activité.
- Absence de traçabilité : Les produits grand public ne sont pas référencés pour un usage professionnel, ce qui complique la justification de leur utilisation en cas de contrôle.
Remplacer un produit professionnel comme les spray désinfectant Action Rapide par du Sanytol revient à remplacer un outil métier par un outil de bricolage : l’intention est là, mais le résultat n’est pas garanti.
Le cas des lingettes grand public
Les lingettes désinfectantes de supermarché font l’objet de nombreuses recherches. Leur praticité séduit, mais leur usage en salon pose question :
- Elles sont conçues pour un nettoyage de surface et non pour la désinfection d’outils (ciseaux, pinces, limes).
- Leur temps de contact est rarement indiqué : on essuie et on range, sans laisser agir le produit le temps nécessaire.
- Elles ne sont pas référencées TP2 ce qui les rend inadaptées pour le matériel des coiffeurs, des barbiers, des esthéticiennes, des manucures et des prothésistes ongulaires.
Lors d’un contrôle d’hygiène, l’utilisation de lingettes grand public pour la désinfection du matériel n’est pas considérée comme conforme aux obligations professionnelles.
Les obligations professionnelles : un cadre clair
Au-delà de la question de l’efficacité, c’est la conformité réglementaire qui doit guider le choix des produits en salon :
- Article 118 du RSD : « Les objets employés par les coiffeurs, manucures, pédicures et esthéticiennes sont entretenus de manière à n’être en aucun cas une cause de transmission d’affections contagieuses et l’opérateur doit, pour chaque client, désinfecter ses instruments. »(…) La désinfection doit être réalisée avec des produits adaptés à un usage professionnel.
- Règlement Certibiocide : Les produits biocides utilisés en salon de coiffure, dans un barbershop, dans un institut de beauté ou une onglerie doivent être autorisés pour un usage professionnel et manipulés par une personne titulaire du Certibiocide.
- Traçabilité : Les produits utilisés doivent être traçés (fabricant, fournisseur/grossiste, acheteur final en vue de son utilisation) et leur utilisation justifiable en cas de contrôle.
Les produits grand public ne répondent pas à ces critères pour un usage professionnel dans les métiers de la beauté.
Les vraies solutions : choisir des produits adaptés
Plutôt que de chercher des alternatives aux produits grand public, la démarche la plus sûre consiste à :
- Choisir des désinfectants professionnels référencés TP2 avec FT/FDS.
- Respecter les temps de contact indiqués par le fabricant (2, 5 ou 15 minutes).
- Former au moins une personne de l’équipe au Certibiocide pour garantir une utilisation conforme.
- Privilégier des produits reconnus dans le secteur (comme les solutions Hygiène Plus ou des désinfectants homologués pour la coiffure et l’onglerie).
- Acheter chez des grossistes sérieux qui demandent le Certibiocide et proposent des produits adaptés.
Depuis 2005, Hygiène Plus accompagne les professionnels dans le choix de produits conformes et la formation aux bonnes pratiques d’utilisation. Les produits grand public comme Sanytol, les lingettes ménagères ou l’alcool ménager peuvent sembler pratiques et économiques, mais ils ne sont pas adaptés à la désinfection professionnelle du matériel comme attendu dans les pratiques d’un salon de coiffure, d’un barbershop, d’un institut de beauté ou chez une prothésiste ongulaire (PO), . La confusion entre propreté et désinfection, ainsi que la méconnaissance du cadre réglementaire, conduisent à des pratiques non conformes et inefficaces.
Les points clés à retenir :
- Propreté et désinfection sont deux actions distinctes qui nécessitent des produits différents.
- Les produits grand public sont conçus pour un usage domestique (ménager), non pour le risque spécifique chez les professionnels de la beauté.
- La réglementation (RSD, BPR) impose des produits adaptés et la détention du Certibiocide.
- Les vraies alternatives résident dans le choix de produits professionnels et la formation aux bonnes pratiques.
Hygiène Plus vous accompagne dans cette démarche avec la formation Certibiocide et des conseils personnalisés pour choisir les produits adaptés à votre activité.
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