La mise en place du Certibiocide a suscité des réactions variées chez les professionnels de la coiffure, de l’esthétique et de l’onglerie. Certains y voient une obligation légale claire, d’autres une contrainte supplémentaire ou une charge financière injustifiée bien que éligible à un financement par les OPCO. Des questions émergent : « Comment contourner l’obligation du Certibiocide ? », « Que risque-t-on si on ne passe pas la formation ? », « Peut-on utiliser des UV à la place ? », « Le Certibiocide est-il une arnaque ou une vraie obligation ? ». Ces interrogations reflètent souvent une méconnaissance des enjeux ou une frustration face à une réglementation perçue comme complexe. Pourtant, le Certibiocide n’est ni une taxe déguisée ni une mesure arbitraire : c’est une obligation légale visant à garantir la sécurité des clients et des professionnels.
Cet article apporte des réponses factuelles aux préoccupations des professionnels réticents, en clarifiant le cadre réglementaire et en proposant des solutions conformes et accessibles.
Pourquoi certains professionnels résistent ?
Les raisons de la réticence face au Certibiocide sont variées et souvent légitimes chez les coiffeurs, les barbiers, les esthéticiennes et les prothésistes ongulaires :
- Perception d’une charge financière : Certains estiment que le coût de la formation représente une dépense supplémentaire dans un contexte économique déjà tendu pour les petits salons. Année déjà chargée avec la mise en place de la facturation électronique.
- Méconnaissance des enjeux : Beaucoup ignorent que les produits biocides sont réglementés au niveau européen (BPR) et que leur utilisation sans certification expose à des risques sanitaires et juridiques avec amendes et risques de fermeture.
- Sentiment d’injustice : Certains professionnels ne sentent pas concernés, habitués à des pratiques moins strictes, perçoivent cette obligation comme une remise en cause de leur savoir-faire.
- Complexité administrative : La nécessité de tracer les achats pour les grossistes et les franchiseurs en de conservant les certificats peut sembler fastidieuse, surtout pour les petits établissements.
- Manque d’information : La communication des Fédérations professionnelles sur le sujet du Certibiocide a été aléatoire et une absence d’information de la part des Chambres de Métier et d’Artisanat dont dépendent ces métiers : coiffure, esthétique, onglerie.
Ces réticences sont compréhensibles, mais elles ne remettent pas en cause le caractère obligatoire du Certibiocide. La question n’est donc pas de savoir comment contourner la règle, mais plutôt comment s’y conformer de manière simple et efficace.
Le Certibiocide : une obligation légale, pas une option
Le Certibiocide n’est pas une recommandation ou une bonne pratique : c’est une obligation légale encadrée par :
- Le Règlement européen qui impose que les produits biocides (désinfectants TP2) soient utilisés par des professionnels formés.
- L’Article 118 du Règlement Sanitaire Départemental (RSD) : Il stipule que les objets employés par les coiffeurs, manucures et esthéticiennes doivent être entretenus de manière à éviter toute transmission d’affections contagieuses.
- La traçabilité : Les grossistes et distributeurs ont l’obligation de vérifier le Certibiocide de leurs clients avant toute vente de produit biocide TP2 (spray désinfectant ou lingettes).
Il n’existe donc aucune faille juridique permettant de contourner cette obligation. Les alternatives parfois évoquées (comme les UV ou les produits grand public) ne sont pas des solutions conformes pour plusieurs raisons :
- Les UV : Bien que certains appareils à UV puissent avoir une action désinfectante, ils ne remplacent pas le Certibiocide pour l’utilisation de produits biocides chimiques. De plus, leur efficacité dépend de paramètres techniques précis (durée d’exposition, type d’UV, distance, usure de la lampe, spectre d’activité …) qui ne sont pas toujours maîtrisés en salon (ni par les fabricants).
- Les produits grand public (Sanytol, alcool ménager…) : des produits ménagers ne sont pas conçus pour un usage professionnel et ne répondent pas aux exigences du RSD.
En résumé : Le Certibiocide est une obligation incontournable pour toute personne manipulant des produits biocides en salon. Les tentatives de contournement (UV, produits non conformes…) ne sont ni légales, ni sûres.
Les risques de la non-conformité
Ne pas être titulaire du Certibiocide alors que l’on utilise des produits biocides TP2 expose les coiffeurs, les barbiers, les esthéticiennes et les prothésistes ongulaires à plusieurs risques concrets :
- Blocage des achats : Les grossistes et distributeurs refuseront de vendre des produits biocides à un professionnel non certifié, conformément à leurs obligations légales.
- Non-conformité en cas de contrôle : Lors d’un contrôle d’hygiène par la DDPP, l’Inspection du Travail ou la DREAL, l’absence de Certibiocide peut être constatée comme une non-conformité aux obligations du RSD et du BPR.
- Responsabilité professionnelle : En cas de problème sanitaire (infection, mycoses des ongles…) lié à une désinfection non conforme, le professionnel pourrait être tenu pour responsable devant ses clients ou les autorités.
- Atteinte à la réputation : Un salon ou un institut non conforme peut perdre la confiance de sa clientèle, surtout si cette dernière est sensibilisée aux enjeux d’hygiène.
Il n’existe donc aucune solution pour « justifier l’absence de Certibiocide » lors d’un contrôle. La seule voie est la mise en conformité.
Répondre aux idées reçues
Voici des réponses claires aux idées reçues les plus fréquentes :
- « Le Certibiocide est une taxe déguisée » :
Le coût de la formation est modéré comparé aux risques encourus (blocage des achats, non-conformité, perte de clientèle). C’est un investissement pour la sécurité de votre activité et de vos clients sachant que la formation est éligible à un financement par les OPCO (FAFCEA, OPCO-EP, etc.). - « On peut utiliser des UV à la place » :
Les UV ne remplacent pas la désinfection au sens strict avec l’utilisation de produits biocides chimiques (Certibiocide). De plus, leur efficacité dépend de paramètres techniques (type d’UV, durée, usure de la lampe, spectre d’activité, …) qui ne sont pas toujours maîtrisés en salon, ni par les fabricants. - « Je n’ai jamais eu de problème sans Certibiocide » :
L’absence de problème visible ne signifie pas que les risques sanitaires (transmission de pathogènes) ou juridiques (non-conformité) sont nuls. Le Certibiocide est là pour prévenir ces risques et d’assurer le suivi de la conformité de l’activité, une garantie. - « Comment justifier l’absence de Certibiocide en cas de contrôle ? » :
Il est impossible de justifier une absence de Certibiocide si vous utilisez des produits biocides. La seule solution est de se former rapidement pour être en conformité. - « Le Certibiocide est une arnaque » :
Le Certibiocide est une obligation légale européenne, encadrée par le Ministère de la Transition Écologique. C’est une garantie de sécurité pour les professionnels et leurs clients.
En conclusion, les réticences face au Certibiocide sont compréhensibles, mais elles ne remettent pas en cause son caractère obligatoire. Les points clés à retenir :
- Le Certibiocide est une obligation légale (BPR, RSD) pour tous les professionnels utilisant des produits biocides.
- Aucune alternative (UV, produits grand public…) ne permet de contourner cette obligation de manière légale et sûre.
- Les risques de la non-conformité (blocage des achats, non-conformité, responsabilité) sont réels et concrets.
- La mise en conformité est simple, rapide et accessible (formation de 7h, éligible à un financement possible par les OPCO).
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